Comment j’en suis arrivée là ?

Toute petite, je voulais déjà devenir enseignante. J’ai donc suivi LA voie des études classiques : bac général, entrée à l’université pour acquérir une licence, laisser passer pour l’entrée à l’IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maitres). Puis concours, et enfin, nomination, c’a y est, en septembre 1997, j’étais instit…. enfin, Professeur des Ecoles, parce que le titre était Ô combien important !!

Premier poste

Et c’est là que les premières déceptions sont arrivées. Premier poste, je porte le titre barbare de « Brigade de Remplacement de Secteur ASH », c’est-à-dire que je remplacerai les enseignants spécialisés placés en congé maladie pour une durée de plus de 15 jours. Bon, ok, travailler avec des élèves en difficultés, c’est mon souhait, donc je me lance. A la rentrée, on m’attribue, « pour 15 jours » une classe de perf (élèves de 6 à 12 ans porteurs de handicaps ou ayant des difficultés plus ou moins lourde). Par tranches de 15 jours, voir un mois, je conserverais cette classe, sans qu’elle ne devienne jamais MA classe !! Bien entendu, aucune formation ou soutien spécifiques ne me sont proposées !

Démarre donc une première année de doute au cours de laquelle nait mon premier marmot. Je découvre lors de mon départ en congé maternité que faute de remplaçant, la classe spécialisée où j’enseigne depuis le début de l’année sera fermée en cours d’année….

L’année suivante, pour pouvoir m’occuper de mon petit garçon, je décide de travailler à mi-temps, j’obtiens donc un CE2, en alternance avec le directeur de l’école. L’année se passe, et bien entendu je ne conserve pas le poste l’année suivante.

Pour ma troisième rentrée, je me retrouve, toujours à mi-temps, en petite section cette fois, toujours en alternance avec une directrice d’école. Elle choisit donc le partage, je prendrai les matins, elle fera les après-midi…. En petite section ? les après-midi ? j’ai un peu la sensation de me faire avoir, mais bon, je débute, j’accepte et m’installe dans MA classe !

Départ en Angleterre

L’année ne sera pas facile, mon mari de l’époque obtient un poste très intéressant pour sa carrière, en Angleterre. Je demande donc ma mise en disponibilité en cours d’année. Pour l’obtenir, on me « propose » de laisser ma classe en février, d’assurer un remplacement sur un CE1 durant le mois de mars (en changeant mes jours de travail bien sûr) et de m’arrêter en Avril pour rejoindre mon époux…. J’obtempère bien entendu.

En Avril 2000, je pars donc avec mon petit garçon de presque 2 ans et un ventre qui s’arrondi, rejoindre mon mari en Angleterre. Nous partons pour 2 ans, j’y resterai presque 10 !

Durant ces années, je passe de 1 enfant à 4, deux garçons, puis deux filles. Avec eux, nous écumons les « coffee morning », « toddlers groups », « playgroups », « nurseries », écoles en tout genre. Je développe un vocabulaire anglais sur la petite enfance et l’éducation.

Un retour en demi-teinte

Quand je décide de rentrer en France, sans le père de mes enfants, ils sont en âge d’être en CM1, CE1, Grande Section et Petite Section. Je prépare donc dès septembre notre retour qui aura lieu en décembre, en région parisienne. Les enfants démarrent l’école publique en France au mois de janvier. Je suis hyper déçue par l’accueil qui leur est réservé, mais comme je tente de gérer ma séparation en même temps, je ne m’en offusque pas plus que ça.

Au mois de mai, c’est mon tour de retrouver les bancs de l’école, enfin, la chaise et le bureau plutôt !! La douche froide, les enfants ont changés en 10 ans, le système n’a pas évolué, je suis devenue Maman, et j’ai donc des attentes en rapport avec mes enfants.

Bilan de mon retour en France : je suis déçue du système, aussi bien en tant que Maman, qu’en temps qu’enseignante…. L’Education Nationale et moi, on ne prend pas un bon second départ.

Mes enfants ne s’épanouissent pas vraiment, c’est beaucoup plus difficile pour eux d’aller en classe, et de s’intéresser aux apprentissages, pourtant, je ne vois pas tant de différence que ça avec le système anglais…. Moi je suis « sous l’eau », je ne gère plus rien, ma séparation, mon installation seule, mes trajets maison-école, mes journées de classe, mes soirées à préparer, les tensions à la maison, à l’école…. Je m’écroule aux vacances de la Toussaint avec une certitude, ce n’est pas la vie que je veux, ni pour moi ni pour mes enfants. Nous resterons tout de même 2 ans et demi en banlieue parisienne. Dont une grande partie en congé maladie pour moi !

Notre arrivée en Bretagne ne sera pas beaucoup plus simple, j’ai mal choisi mon nouveau conjoint, les enfants ont du mal à s’adapter au nouveau collège pour le grand (décrochage immédiat, le niveau ne lui correspond pas, l’équipe éducative n’a rien à lui proposer), et à l’école du village pour les 3 autres ; une petite école où les groupes sont déjà bien formés depuis la petite section, et où l’intégration de nouveaux camarades n’est pas la priorité.

Moi, je déprime de plus belle, encore un échec affectif, et des enfants pas heureux…. Re-séparation, re déménagement…

Le début d’une nouvelle vie

Et puis, je décide un jour que tout ceci est mon chemin de vie, je me recentre sur les enfants, sur moi, petit à petit les pièces du puzzle se remettent en place, nous trouvons un équilibre à 5 !

Pas pour longtemps, un nouvel amour fait irruption dans ma vie, dans notre vie, et voilà, moi qui m’étais juré de ne plus jamais partager ma vie (mon lieu de vie) avec un homme, me voici reprise dans le tourbillon de la vie ! Du jour au lendemain, nous sommes 6, puis 7 !

C’est probablement à l’arrivée de cette petite miss que se cristallise la colère contre le système éducatif que subisse mes enfants depuis trop longtemps ; je n’en veux plus !

Le grand décroche totalement et ne fera que se présenter aux épreuves du bac (pour satisfaire son père), qu’il n’obtiendra pas. Le deuxième cherche sa voie sans grand succès. La troisième n’obtient aucunes félicitations malgré de très bons résultats, elle n’en fait JAMAIS assez aux yeux de l’équipe pédagogique!! Quant à la quatrième, elle n’est pas franchement encouragée dans son projet d’avenir (elle désire réellement faire un CAP).

Et là, ressortent toutes les questions, les rancœurs, les doutes, la colère contre l’Education Nationale (et pourtant, j’y croyais tellement !). Je me renseigne sur les écoles publiques, les écoles privées, les écoles alternatives, sans trouver de solutions qui me conviennent. Alors, c’est décidé, notre dernière fille n’ira pas à l’école !!!!!!

Mais au final, que faire de toute cette colère, cette frustration…. Comment la transformer pour arriver à quelque chose de mieux, comment ne pas se cantonner à critiquer ce qui est en place (sans pour autant postuler pour le job de Ministre de l’Education ! ), comment permettre à d’autres de profiter d’un meilleur système ???

Je décide donc de sublimer colère et frustration, et de me mettre à l’écriture afin de mettre à portée de toutes les mains le meilleur de ce qui existe ici et ailleurs, aujourd’hui ou depuis plus de 100 ans ; d’offrir à tous des pistes concrètes pour élever des enfants autonomes, indépendants et épanouis

Dans mon prochain article, nous parlerons vocabulaire et définitions, je vous dirai ce que j’espère pour mes enfants.

Voilà, ce sont toutes ces aventures, qui m’ont amené où je suis aujourd’hui, et j’y suis bien !!

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8 thoughts on “Comment j’en suis arrivée là ?

  1. BIBARD de la Pugnacité says:

    Très bon démarrage Dame “Pugnacité”, continue, la lumière est devant sous ta plume ou plutôt ton clavier même pas AZERTY !

  2. Bonnechere says:

    Tout est dit dans cet article et je me retrouve complètement dans le parcours du combattant de l école “classique”… Belle initiative que ce blog ! Je suis fan 😍

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